Taï ji quan, le mouvement qui apaise, art martial mais aussi “technique de longue vie”

Taï ji signifie : le plus haut faîte.

Quan signifie : la main formée en poing, c’est-à-dire boxe, que les taoïstes définissent aussi comme « boxe avec son ombre » l’ombre étant comprise comme étant « le gardien du seuil », la partie obscure de notre être qu’il faut explorer pour se connaître et actualiser toutes nos potentialités d’être humain.

Taï ji quan compte cinq styles principaux : le Chen, le plus ancien, le Yang, issu du premier
et le plus pratiqué, le Sun, le Wu, le Hoa.

Nous vous proposons au dojo de Lille la pratique du style Yang traditionnel et les Tao de compétitions internationales.
Il faut noter que le nombre cinq est aussi un nombre symbolique que l’on retrouve dans de nombreux aspects de la culture chinoise, il correspond aux cinq éléments :

Bois (conception, assemblage)
Feu (croissance )
Terre (maturité)
Métal (décroissance)
Eau (dissolution)

… et il fonctionne selon un cycle d’engendrement ou au contraire de corruption, ainsi chaque élément, pour alimenter le suivant, naît, croît, arrive à maturité, puis décroît et se dissout (exemple : le bois pour alimenter le feu doit être sec (mort),
l’eau pour alimenter la germination du bois est dissoute dans la terre.

On retrouve ces cinq éléments dans la pratique du Taï ji quan.

– A la terre correspond le Taï ji quan, la main est considérée comme le centre qui maintient l’outil-arme et sans laquelle aucune manipulation ne serait possible.
– Au feu correspond l’épée (Tai ji jian) arme de la noblesse.
– Au métal correspond le sabre (Taï ji dao) arme de guerre, de décision et de destruction rapide.
– Au bois correspond le bâton (Taï ji gun).
– A l’eau ou à l’air correspond l’éventail (Tai ji shang).

Cours Débutants :

Forme des 24 postures à main nue.

Pour les plus anciens :

Forme des 12 et des 88 postures à main nue, puis forme des 13 et 32 mouvements anciens au sabre, la forme des 42 mouvements à l’épée, la forme des 13 mouvements au bâton et enfin la forme des 48 mouvements à l’éventail.

Il faut noter que le tao lu au sabre de base en 13 mouvements est reconnu unanimement par les descendants de la famille de YANG LU CHAN, fondateur du style Yang. Cette forme de 13 mouvements fut d’abord transmise par YANG CHENG FU hors de Chine, à Hong Kong. Son fils et ses élèves ont poursuivi son oeuvre de diffusion. C’est cette base que nous transmettons.

Aujourd’hui, plus que pour son aspect martial, le taï ji quan est pratiqué comme méthode prophylactique pour maintenir le plus longtemps possible une bonne santé.
C’est une relaxation dynamique, un mouvement qui apaise le corps et l’esprit comme lorsque l’on berce un bébé.

C’est une méthode anti-stress efficace, mais c’est aussi, en même temps, une fenêtre ouverte sur une autre culture, un autre monde.

Dans un monde moderne désorienté, au sens propre du terme, il est important de retrouver son propre corps, son propre centre, pour développer à partir de lui son propre espace selon les 8 directions cardinales.
Créer son espace c’est se créer soi-même.

Formes pratiquées :

 Initiations :

La forme des 24 postures à mains nues

Cours avancés :
o La forme des 88 postures à mains nues
o La forme des 104 postures au bâton
o La forme des 42 postures à l’épée
o La forme des 13 postures au sabre
o La forme des 13 postures au bâton (13 paumes)
o La forme des 48 postures au bâton

Les origines du tai-chi-chuan sont encore mal connues et sources de nombreuses controverses. Pour mieux marquer son origine, il convient d’abord de le distinguer d’autres pratiques corporelles chinoises plus anciennes liées ou non au taoïsme. Plusieurs hypothèses existent alors, certaines relevant des mythes et d’autres mieux fondées historiquement.

Le mythe de Zhang Sanfeng

Certaines légendes attribuent l’invention du tai-chi-chuan au taoïste semi-légendaire Zhang Sanfeng, vers le début de la dynastie Ming (XIIIe – XIVe siècle). Le Livre complet sur les exercices du tai-chi-chuan, écrit par Yang Chengfu (1883-1936), raconte que Zhang Sanfeng créa le tai-chi-chuan vers la fin de la Dynastie Song (960-1279) puis le transmit à Wang Zongyue, Chen Zhoutong, Zhang Songxi et Jiang Fa. Un peu plus tôt, Li Yishe (1832-1891) écrivit dans sa Brève introduction sur le tai-chi-chuan : « Le tai-chi-chuan fut fondé par Zhang Sanfeng des Song. » Zhang créa l’école intérieure (chinois : 內家 ; pinyin : nèijiā)par un syncrétisme néo-confucianiste des arts martiaux du bouddhisme Chan du monastère Shaolin et de sa maîtrise du daoyin (内功, nèigōng) taoïste. Il s’installa dans le temple du mont Wudang, province de Hubei, pour enseigner sa discipline.

À partir des années 1930, Tang Hao, pionnier des recherches historiques sur les arts martiaux, démontre l’absence de fondements historiques concernant la création du tai-chi-chuan par Zhang Sanfeng. Ses conclusions furent reprises à la même époque par Xu Jedon, et sont encore validées de nos jours par les recherches historiques contemporaines.

L’hypothèse de Wang Zongyue

Wang Zongyue, qui aurait vécu sous la dynastie Qing (1644-1911), occupe une place importante dans l’histoire du tai-chi-chuan. Son influence a été reconnue par les maîtres de différentes époques. Son Traité du tai-chi-chuan (太極拳論) a grandement contribué à la compréhension théorique de cette boxe. Toutefois, des doutes subsistent sur l’identité réelle de l’auteur de ce texte. Il pourrait en fait s’agir de Wu Yu-hsiang, qui prétendit avoir trouvé ce manuscrit à Pékin au milieu du XIXe siècle2.

C’est malgré tout l’hypothèse retenue dans le Manuel de taijiquan (太極拳譜, tàijíquán pǔ) de Shen Shou (沈壽, shěn shòu, né en )3, publié en 1991 par l’Association chinoise de wushu4. Selon cet ouvrage, il aurait ainsi été le premier à exposer la théorie et les techniques du tai-chi-chuan de manière systématique. Des documents administratifs attesteraient que Wang Zongyue transmit le tai-chi-chuan à Jiang Fa puis que ce dernier le diffusa à Chenjiagou. C’est cet ensemble de pratiques qui aurait été enfin transmis à Yang Luchan.

L’hypothèse du village de Chenjiagou

Les premières traces historiques apparaissent véritablement avec Chen Wangting vers la fin de la Dynastie Ming (1368-1644). Elles sont notamment issues de travaux menés par Tang Hao et Gu Liuxin, praticiens et historiens du wushu (武術). Tang Hao soutient cette hypothèse à la suite d’investigations menées au village de Chenjiagou, district de Wenxian, province du Henan, et en se référant aux Annales du district et au Registre généalogique de la famille Chen. Selon ce registre, Chen Wangting était « expert en boxe de style Chen et fondateur du jeu de l’épée et de la lance ». Les différentes écoles contemporaines de tai-chi-chuan (Yang, Wu, Sun) seraient originaires ou héritières de la boxe de style Chen, bien que les principes de cette boxe soient antérieurs à l’appellation tai-chi-chuan.

Un autre registre (dont l’authenticité n’est pas entièrement prouvée) découvert très récemment démontrerait que le lieu originel du Tai-chi-chuan ne serait pas le village de Chenjiagou mais plutôt Tang Cun (Henan), village de la famille Li

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