Nous pratiquons le karaté shotokan selon l’enseignement de Maître Kanazawa.

Le Karaté Do est et doit rester avant tout un Budo, c’est-à-dire art martial plus qu’une forme sportive de combat.

Or il existe depuis de nombreuses années une dérive du karaté en ce sens.
C’est pourquoi nous sommes hostiles à l’éventualité d’une entrée du karaté dans le domaine olympique. Nous sommes quelques uns, conscients de l’enjeu, à lutter pour préserver les valeurs du karaté-do. Est-ce un combat d’arrière garde ? Peut-être.
En tout cas il n’est pas question de perdre son âme.

L’essence du karaté-do est d’être d’abord une self-défense, efficace en combat réel et non pas une escrime à fleuret moucheté où le premier qui touche a gagné le point.
C’est pourquoi nous intégrons dans notre pratique des techniques à distance courte,
tels que coude, genou, projections, arm-locks, saisies etc …
Mais le karaté n’est pas seulement une self défense, il est avant tout une discipline
du corps et de l’esprit. Il s’agit de forger le corps et de le faire entrer dans le moule
du Shotokan sans autre but que le plaisir esthétique d’une forme juste, comme le danseur
classique forge son corps pendant des années pour entrer dans la forme juste de la danse sans autre profit qu’un auto-dépassement.

Muchotoku disent les maîtres japonais : «sans profit ».

La notion d’efficacité ici s’intériorise, il ne s’agit plus de vaincre l’autre mais de se vaincre
soi-même.

Il ne s’agit plus d’être “le meilleur” mais d’être “meilleur”

Et cet auto-dépassement déborde alors largement le cadre restreint d’une simple pratique physique, il touche tous les aspects de notre « être au monde », meilleur à l’école, meilleur professionnellement, etc… C’est en un mot une Ethique.

Voilà en résumé notre programme de travail, vaste programme, mais exaltant s’il peut aider même modestement et tant que faire se peut à devenir un homme.

Telle est la voie de l’enseignement que j’entends continuer de mener.
Le dojo n’est pas un supermarché où l’on vient consommer une technique, il engage réciproquement instructeur-élève,
il crée des liens.

La pratique du Karaté-Shotokan permet :

– Améliorer le caractère
– Choisir la voie de la sincérité
– Garder un esprit invincible devant les obstacles
– Apprendre le respect universel
– Eviter la violence par le contrôle de soi

Les cinq préceptes du Karaté Do (sur le panneau de gauche, autour du tigre, emblême du S.K.I Shotokan Karaté International. Texte à lire de droite à gauche et de haut en bas).

1. ICHI JINKAKU KANSEI NI TSUTOMURU KOTO
“Rechercher la perfection du caractère”

2. ICHI MAKOTO NO MICHI O MAMORU KOTO
“Préserver le chemin de vérité”

3. ICHI DORYOKU NO SEISHIN O YASHINAU KOTO
“Développer l’esprit d’effort”

4. ICHI REIGI O OMONZURU KOTO
“Faire grand cas du respect de l’étiquette”

5. ICHI KEKKI NO YU O IMASHIMURU KOTO
“Restreindre les élans de bravoure”

 

Gichin Funakoshi

Shomen Gichin Funakoshi est considéré comme le père du karaté moderne. Il est l’importateur du karate-dō au Japon et créateur du style Shōtōkan, il a fait évoluer la forme initiale du karaté d’Okinawa.

Né en 1868, Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa-Chô sur l’île d’Okinawa. L’ère Meiji débutait, l’homme était alors très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres, il observait rigoureusement les interdits d’autrefois, et considérait au vu de ces principes que le samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable.

À l’origine, Funakoshi pratiquait les deux écoles qui dominaient (Shorei-ryū et Shorin-ryū). Après une dure pratique de ces deux formes de karaté, Funakoshi parvint à développer une nouvelle forme de karaté, un modèle plus simple, combinant les idéaux de Shorei-ryū et de Shorin-ryū. Le karaté qu’il enseigna à ses étudiants reflétait les changements opérés par Anko Itosu, y compris la série de katas de heian/pinan. Funakoshi changea également les noms des katas de son programme d’étude, dans un effort de rendre les noms « étrangers » d’Okinawa plus agréables aux oreilles des Japonais.

Le maître Gichin Funakoshi, en tant que président de la Okinawa Shobukai, une association de karaté, fut convié en mai 1922 par le ministère de l’Éducation à prendre part à une démonstration, agréée par le gouvernement nippon, organisée à Tokyo. Cette démonstration mettait en scène les arts martiaux traditionnels du pays, parmi lesquels le karaté. C’est ainsi qu’il fut le premier héraut du karaté-jutsu, discipline originale en provenance d’Okinawa (de l’archipel des Ryūkyū). Il devait alors, pour satisfaire les requêtes de nombreux individus, s’installer dans la capitale et y travailler à vulgariser son art martial. Le karaté Shōtōkan fut officiellement reconnu en 1939.

Avant de s’éteindre en 1957, Gichin Funakoshi forma de nombreux élèves : Obata, Okuyama, Egami, Harada, Hironishi, Takagi, Ohshima, Nakayama, Nishiyama, Kanazawa Hirokazu, Taiji Kase.
Évolution du Shōtōkan

À la suite de Gichin Funakoshi, certains de ses élèves développèrent, à leur tour, également, leurs propres styles de karaté. Il existe donc des sous-variantes du style Shōtōkan. En voici quelques-unes :

Maître Ohshima a développé le Shōtōkan Ohshima, orienté sur le style Gishin Funakoshi1 (la famille Funakoshi avait confié à Ohshima la traduction du 2e livre du maître, Karate-dō kyohan). Ce style est représenté en France depuis 1964 par l’organisation France Shotokan.

Maitre Taiji Kase (1929-2004) a développé le Shōtōkan ryū Kase ha, orienté sur le style Yoshitaka Funakoshi (le fils de Gichin Funakoshi) et sur sa morphologie bréviligne. Il est représenté en France entre autres par l’organisation IEKS (Institut d’enseignement du karaté-do Shotokan Ryu Kase Ha).

Maître Masatoshi Nakayama : créateur de la Japan Karate Association (JKA).

Maître Nishiyama a développé le Shōtōkan ryū Nishiyama, avec une orientation militaire.

Maître Kanazawa a développé le Shōtōkan ryū Kanazawa, avec une orientation vers le tai-chi-chuan

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