Cours débutants et confirmés à partir de 15 ans

L’institut Lillois des Arts Martiaux est affilié à la fédération française d’Aïkido et de Budo FFAB

Dans sa forme actuelle, l’aïkido est une discipline relativement récente dans l’histoire des arts martiaux. L’aïkido fut crée par Maître Morihei Ueshiba (1883-1969)au début du xx° siècle.

Le grand principe, comme d’ailleurs pour le Judo ou le Taï chi chuan, est de ne pas opposer la force à la force ou plus généralement la violence à la violence.

Au contraire il s’agit de neutraliser l’adversaire en utilisant sa propre énergie, son élan,
son agressivité. Cela est possible en harmonisant son propre mouvement à celui de l’adversaire comme l’eau harmonise son mouvement au relief qu’elle rencontre.

Créer L’unité de soi et de l’autre que soi, telle est en dernier ressort la finalité de l’Aïkido, pour mieux vivre le monde.

On comprend que par là il s’agit autant d’une philosophie pratique que d’une pratique corporelle.

Aïkido (aikidō en japonais) est composé de trois kanjis signifiant :

合 ai : du verbe au, concorder ; harmonie ;
気 ki : énergie ;
道 dō : la voie.

Aïkido peut donc se traduire par « la voie de la concordance des énergies ».

En effet, le terme « concordance » est plus près du sens japonais original de l’aiki comme étant une action de rencontre (explicité dans la composition du kanji) que le terme « harmonisation ». L’« harmonie » peut être le résultat souhaité de la pratique de l’aïkido, mais on ne fait pas d’aïkido sans faire concorder les énergies. Comme le fait remarquer Olivier Gaurin6, l’aïkido, par la concordance (« mettre les cœurs ensemble »), amène à un résultat où il sera possible de communiquer avec l’« adversaire », chose impossible si on a dans l’idée de l’harmoniser (« amener à une entente, se mettre d’accord », ce qui peut être impossible) ou de le détruire. Un autre problème soulevé est qu’« harmonie » implique souvent une notion d’amitié ou de paix, ce qui est superflu (on ne peut pas être aimé par tout le monde, même si l’on aime soi-même tout le monde)6. Par exemple, les Japonais utilisent le mot wagō (和合) pour « harmonie », terme composé de « paix » et de « concorder » : en concordant vers la paix, on crée l’harmonie.

L’aïkido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. Le but de la pratique est de s’améliorer, de progresser (techniquement, physiquement et mentalement) dans la bonne humeur (le fondateur Morihei Ueshiba insistait beaucoup sur ce point). Ne sont montrées que des techniques respectant le partenaire. La complexité de cet art demande un haut niveau de pratique dans son utilisation en combat réel. S’il est vrai que les techniques de base reposaient sur des pratiques académiques classiques et étaient adaptées à un style combatif, il reste que l’aïkido n’est pas une pratique qui vise en premier à la bagarre de rue mais un art martial qui prépare autant physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme en toutes circonstances) que techniquement (respecter la distance de sécurité, trouver l’ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées) au combat en toute situation. Si l’aïkido est une activité physique, voire sportive, il dépasse ce point de vue en intégrant une vision de l’Homme.

« Aïkidoka » (合気道家, aikidōka) est la dénomination que reçoivent les pratiquants de l’aïkido. S’il suffit, en dehors du Japon, d’être un pratiquant pour être appelé ainsi, le terme exact est en réalité aikishugyosha, autrement dit, étudiants de l’aïkido.
Au Japon, le terme implique un professionnel qui se voue uniquement à cet art.

Ailleurs, l’usage a cependant conservé une appellation similaire avec les autres arts martiaux japonais, comme les judokas et les karatékas.
Pratique de l’aïkido
Tachi waza nikyō omote
c.-à-d. technique debout, deuxième principe, forme avant (omote).
Fichier:Ueshiba Mitsuteru (Nippon Budokan, 2017).webmLire le média
Ueshiba Mitsuteru (Nippon Budōkan, 2017).

Cependant, d’après le fils de Morihei Ueshiba, Kisshomaru Ueshiba, tout l’accent de l’Aïkido était mis « sur sa nature essentielle: l’amour ». Le traducteur souligne d’ailleurs que « le premier signe de l’Aïkido « aï » qui signifie harmonie se lit de la même façon que le signe « amour ». Morihei insista de plus en plus sur l’imbrication de ces deux sens. » Kisshomaru Ueshiba rapporte aussi les propos du fondateur au cours d’une visite à Hawaï : « Je crois que l’aiki – qui naît de l’étude des arts martiaux – peut unir les peuples et donne au Monde son harmonie, dans le véritable esprit du budo, en le baignant d’une force immuable d’Amour.»

 

Tori : Jean-Philippe Wahl
Uke : Marie Duval – Youlika Michalski – Grégory Trinel -Clément Boyez

Il existe différents styles d’aïkido répondant à différentes aspirations. Le style le plus répandu est celui initié par le propre fils du fondateur, Kisshomaru Ueshiba, style connu sous le nom d’Aikikai. Cependant, pour comprendre l’existence d’écoles différentes, il faut prendre en compte le fait que le fondateur de l’aïkido a créé cet art martial et l’a développé tout au long de sa vie. S’il fut un soldat patriote et brillant dans les années 1930, contribuant à la militarisation des esprits en lien avec des organisations secrètes comme la Société du Dragon Noir ou des politiciens d’extrême-droite tels Oawa Shumei, Inoue Nissho et Kozaburo Tachibana, tous membres du groupe ultranationaliste Sakurakai dont certaines des reunions avaient lieu au Ueshiba Dojo13, le fondateur de l’aïkido fut profondément bouleversé par l’usage de l’arme atomique en août 1945 et la défaite japonaise qui lui suivit et devint dès lors un pacifiste convaincu12,14. Si le patriotisme de Ueshiba ne prête pas à controverse, son pacifisme est bien plus accrédité par ses propos humanistes (voir dans les notes le propos tenu à Morihiro Saito venu requérir son enseignement) et par sa contribution aux orientations de l’évolution de l’aïkido que par ses engagements auprès de Onisaburo Deguchi gendre de Nao fondatrice de l’Omoto Kyo organisation sectaire dont les discours pacifiques et internationalistes se doublaient d’idéologies et de pratiques à caractère fascisant15. L’aïkido devient le premier art martial japonais à être autorisé par les Autorités américaines qui occupent le Japon en 1948 (création de l’Aïkikaï Hombu dojo) et Ueshiba Senseï situe lui-même dans son interview de 1957 sa conversion au pacifisme vers 1950. En cela il suit parfaitement l’allocution de l’empereur Hirohito lors de la capitulation qui encourageait son peuple à « ouvrir la voie à une ère de paix grandiose pour toutes les générations à venir ».

Morihei Ueshiba eut de nombreux disciples, dont certains ont propagé des techniques en perpétuelle évolution. En simplifiant, on distingue trois périodes : celles d’avant-guerre très dures et visant avant tout l’efficacité, puis celles des années Iwama 1942-1952 plus fluides mais conservant atemis et armes, et enfin la dernière période beaucoup plus souple encore. Dans cette dernière période, le fondateur privilégie Ikkyo omote sur Shomen en mode ura. Chaque disciple d’O Senseï a développé une version, maintenant une évolution constante.

Tadashi Abe, de retour au Japon, ne reconnaît pas l’aïkido qu’il avait appris à l’Aïkikaï et le quitte. D’autres maîtres enseignent selon leurs sensibilités, créant des styles et des écoles différentes. En France, on compte une vingtaine de styles.

À Iwama, au dojo de Saïto Mohiro senseï, on estime que l’aïkido est né en 1942 et on y préserve cette version des origines. Pour ce courant, la simplification qui suivit répondait à un intérêt de popularisation16,17. Ainsi Saïto senseï a-t-il été surpris de découvrir que les techniques du livre Budo de 1938 étaient exactement celles qu’a pratiquées Ueshiba senseï avec lui pendant des années.

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